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 Les mules françaises : entre registres officiels et traditions régionales

  • Photo du rédacteur: Mules Qui peut
    Mules Qui peut
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture
Collection Eric Rousseaux
Collection Eric Rousseaux

La mule n’est pas une race au sens classique, mais le résultat d’un croisement entre un âne (baudet) et une jument. Son encadrement repose donc non pas sur une généalogie reproductible, mais sur la définition précise des croisements autorisés.

Aujourd’hui, deux types de mules bénéficient d’une reconnaissance officielle, tandis que d’autres traditions régionales, bien vivantes, restent encore sans cadre structuré.


Les deux registres officiellement reconnus

La mule poitevine (type mulassier)


Houblon de l'Elevage de bois Long
Houblon de l'Elevage de bois Long

La mule poitevine constitue le modèle historique français, issu du berceau mulassier du Poitou.

Croisement strict :

  • Père : Baudet du Poitou

  • Mère : Trait poitevin mulassier

Caractéristiques du système :

  • Schéma de reproduction très encadré

  • Races parentales clairement définies

  • Objectif de conservation d’un typeLe mulet poitevin homogène

Ce modèle repose sur une logique de préservation d’un système d’élevage traditionnel complet, où chaque composante (âne, jument, mule) est indissociable.

La mule des Pyrénées


Un  triptyque des Pyrénees - Claire Rondet
Un triptyque des Pyrénees - Claire Rondet


La mule des Pyrénées s’inscrit dans une démarche plus récente de reconnaissance et de valorisation territoriale.

Croisement de base :

  • Père : Âne des Pyrénées

  • Mère : jument de type rustique ou de trait

👉 Juments fréquemment utilisées :

  • Mérens

  • Trait breton

  • Percheron

  • Castillonnais

  • Anglo-Arabe

Particularités :

  • Modèle plus ouvert que le système poitevin

  • Adaptation aux réalités du terrain

  • Recherche de rusticité, polyvalence et fonctionnalité

Ce registre repose ainsi sur une logique de valorisation d’un type adapté à son territoire, avec une certaine souplesse dans les croisements.


Un cadre commun

Ces deux registres :

  • Sont reconnus par le Ministère de l’Agriculture

  • Sont suivis par l’Institut français du cheval et de l'équitation

  • Sont portés par des organismes de sélection


Point fondamental : Contrairement aux chevaux, la mule est stérile. Il n’existe donc pas de livre généalogique au sens reproductif, mais un encadrement des croisements permettant de définir des types.



Les traditions sans registre




Photo de Serge Evrard
Photo de Serge Evrard

Dans les Alpes, une tradition mulassière perdure, notamment dans :

Caractéristiques des pratiques :

  • Utilisation majoritaire de juments Comtoises

  • Types relativement homogènes selon les secteurs (Savoie Flumet, Seyne…)

  • Distinctions locales (robe baie, crin lavé, etc.)

  • Utilisation de baudets du Baudet du Poitou ou locaux

Enjeux actuels :

  • Plus de 20 ans de réflexion autour d’une labellisation

  • Absence de registre liée à l’impossibilité de généalogie

  • Recherche d’une identité commune

Malgré cela, il s’agit d’une tradition toujours vivante et cohérente, qui tend à se structurer.


Le Massif central : un renouveau en cours

Photo des races Mulassiéres du Massif Central
Photo des races Mulassiéres du Massif Central

Longtemps restée diffuse, la production de mules connaît aujourd’hui un regain d’intérêt dans le Massif central.

Dynamique portée par l’Association Mulassière Massif Central


  • Baudets : âne catalan, âne bourbonnais

  • Juments :

    • Cheval d’Auvergne

    • Comtois

    • Traits Ardennais, Auxois, Trait du Nord

Particularité : Ces croisements s’appuient sur des races historiquement présentes dans le territoire, dans une logique de cohérence locale.



Un territoire intermédiaire


Certaines zones, comme l’Ardèche l'élevage Girard, se situe à la croisée des influences alpines et du Massif central, illustrant la continuité des pratiques plutôt que leur cloisonnement.



Conclusion : une diversité à structurer


Aujourd’hui, la mule française repose sur trois réalités :

  • Une filière très encadrée (Poitou)

  • Une filière reconnue mais plus souple (Pyrénées)

  • Des territoires dynamiques sans reconnaissance officielle (Alpes, Massif central)


La question reste ouverte : Comment reconnaître, valoriser et structurer des types… sans support généalogique ?

Cette diversité fait la richesse du patrimoine mulassier français, entre héritage, adaptation et construction d’identités nouvelles.

 
 
 

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