Les mules françaises : entre registres officiels et traditions régionales
- Mules Qui peut
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture

La mule n’est pas une race au sens classique, mais le résultat d’un croisement entre un âne (baudet) et une jument. Son encadrement repose donc non pas sur une généalogie reproductible, mais sur la définition précise des croisements autorisés.
Aujourd’hui, deux types de mules bénéficient d’une reconnaissance officielle, tandis que d’autres traditions régionales, bien vivantes, restent encore sans cadre structuré.
Les deux registres officiellement reconnus
La mule poitevine (type mulassier)

La mule poitevine constitue le modèle historique français, issu du berceau mulassier du Poitou.
Croisement strict :
Père : Baudet du Poitou
Mère : Trait poitevin mulassier
Caractéristiques du système :
Schéma de reproduction très encadré
Races parentales clairement définies
Objectif de conservation d’un typeLe mulet poitevin homogène
Ce modèle repose sur une logique de préservation d’un système d’élevage traditionnel complet, où chaque composante (âne, jument, mule) est indissociable.
La mule des Pyrénées

La mule des Pyrénées s’inscrit dans une démarche plus récente de reconnaissance et de valorisation territoriale.
Croisement de base :
Père : Âne des Pyrénées
Mère : jument de type rustique ou de trait
👉 Juments fréquemment utilisées :
Mérens
Trait breton
Percheron
Castillonnais
Anglo-Arabe
Particularités :
Modèle plus ouvert que le système poitevin
Adaptation aux réalités du terrain
Recherche de rusticité, polyvalence et fonctionnalité
Ce registre repose ainsi sur une logique de valorisation d’un type adapté à son territoire, avec une certaine souplesse dans les croisements.
Un cadre commun
Ces deux registres :
Sont reconnus par le Ministère de l’Agriculture
Sont suivis par l’Institut français du cheval et de l'équitation
Sont portés par des organismes de sélection
Point fondamental : Contrairement aux chevaux, la mule est stérile. Il n’existe donc pas de livre généalogique au sens reproductif, mais un encadrement des croisements permettant de définir des types.
Les traditions sans registre

Dans les Alpes, une tradition mulassière perdure, notamment dans :
Les deux Savoie
La région de Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence)
Caractéristiques des pratiques :
Utilisation majoritaire de juments Comtoises
Types relativement homogènes selon les secteurs (Savoie Flumet, Seyne…)
Distinctions locales (robe baie, crin lavé, etc.)
Utilisation de baudets du Baudet du Poitou ou locaux
Enjeux actuels :
Plus de 20 ans de réflexion autour d’une labellisation
Absence de registre liée à l’impossibilité de généalogie
Recherche d’une identité commune
Malgré cela, il s’agit d’une tradition toujours vivante et cohérente, qui tend à se structurer.
Le Massif central : un renouveau en cours

Longtemps restée diffuse, la production de mules connaît aujourd’hui un regain d’intérêt dans le Massif central.
Dynamique portée par l’Association Mulassière Massif Central
Baudets : âne catalan, âne bourbonnais
Juments :
Cheval d’Auvergne
Comtois
Traits Ardennais, Auxois, Trait du Nord
Particularité : Ces croisements s’appuient sur des races historiquement présentes dans le territoire, dans une logique de cohérence locale.
Un territoire intermédiaire
Certaines zones, comme l’Ardèche l'élevage Girard, se situe à la croisée des influences alpines et du Massif central, illustrant la continuité des pratiques plutôt que leur cloisonnement.
Conclusion : une diversité à structurer
Aujourd’hui, la mule française repose sur trois réalités :
Une filière très encadrée (Poitou)
Une filière reconnue mais plus souple (Pyrénées)
Des territoires dynamiques sans reconnaissance officielle (Alpes, Massif central)
La question reste ouverte : Comment reconnaître, valoriser et structurer des types… sans support généalogique ?
Cette diversité fait la richesse du patrimoine mulassier français, entre héritage, adaptation et construction d’identités nouvelles.




Commentaires